Ministry of Foreign Affairs of the Russian Federation

01/24/2020 | Press release | Distributed by Public on 01/24/2020 08:40

Allocution d'ouverture de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors de son entretien de travail avec Geir Pedersen, Envoyé spécial du[...]

Monsieur Pedersen,

Nous sommes ravis de vous voir à Moscou. Votre première visite chez nous en cette qualité remonte à pratiquement un an jour pour jour - le 21 janvier 2019.

Depuis que vous êtes à la tête de votre Bureau, je trouve que nous (j'entends par là la communauté internationale qui souhaite la normalisation en Syrie) avons réussi à atteindre certains progrès très positifs.

La situation sur le terrain s'améliore. Le territoire contrôlé par les terroristes continue de se réduire. Le gouvernement syrien a rétabli le contrôle sur une grande partie de la frontière avec l'Irak et la Turquie. Le travail se poursuit pour éliminer ce qui reste des groupes terroristes aussi bien dans la zone d'Idleb qu'au Nord-Est du pays.

Le deuxième axe très important du travail est l'aspect humanitaire de l'ensemble du processus de paix. La menace terroriste qui persiste l'affecte négativement et directement. Les terroristes empêchent la livraison de l'aide humanitaire, s'emparent de ce qui est envoyé dans les régions syriennes concernées. Ce problème nécessite un examen spécial, notamment à Genève où travaille un groupe chargé des questions humanitaires. Bien évidemment, dans le contexte du rétablissement de la structure étatique syrienne, de la mise en place des conditions pour le retour des réfugiés sur les territoires contrôlés par le gouvernement légitime, il faut mobiliser au maximum la fourniture d'aide au niveau de la communauté internationale, avant tout avec un rôle de coordination de l'Onu.

Nous constatons un parti pris flagrant de certains donateurs occidentaux, l'application de doubles standards de leur part quand les principales capitales occidentales refusent d'envoyer une aide sur les territoires contrôlés par le gouvernement, mais l'envoient sur les territoires contrôlés par l'opposition, notamment très radicale. Le deuxième groupe de Genève qui travaille sur les questions humanitaires doit évidemment se pencher plus sérieusement sur cette situation.

Le troisième axe, qui nécessite actuellement la plus grande attention durant l'entretien à venir, concerne le processus de paix, le travail du Comité constitutionnel. Nous apprécions votre approche personnelle et celle de votre équipe vis-à-vis de la mise en place des conditions pour que les négociateurs élaborent une culture du dialogue, une confiance mutuelle. C'est une partie très importante et inhérente du succès.

Comme vous, nous ne dramatisons pas le fait que seulement deux mois après la création du Comité constitutionnel, il n'y a pas eu de résultats grandioses. Cela n'était pas prévu. C'est une situation parfaitement naturelle. Nous contribuerons par tous les moyens à vos efforts pour créer les conditions nécessaires au progrès lors de la prochaine session de la commission de rédaction, quand vous jugerez utile d'organiser sa réunion.

Nous avons des choses à nous dire.

Bienvenue.