WHO - World Health Organization

07/10/2020 | Press release | Archived content

Allocution liminaire du Directeur général de l’OMS au point presse sur la ‎COVID-19 – 10 juillet 2020‎

Bonjour, bon après-midi et bonsoir.‎

Aujourd'hui, l'OMS lance l'Initiative d'accès pour renoncer au ‎tabac, qui vise à aider les 1,3 milliard de consommateurs de tabac ‎du monde à y renoncer pendant la pandémie. ‎

Cette initiative aidera les gens à accéder librement aux ressources ‎dont ils ont besoin pour renoncer au tabac, comme les traitements ‎de substitution nicotinique et la possibilité de consulter une agente ‎de santé numérique pour obtenir des conseils.‎

Le tabagisme tue huit millions de personnes par an, mais si les ‎consommateurs cherchent une motivation pour mettre fin à cette ‎habitude, la pandémie peut les y encourager. ‎

Il est prouvé que les fumeurs risquent davantage que les non-‎fumeurs de développer une forme grave de COVID-19.‎

Dirigé par l'OMS, ce projet est mené en collaboration avec l'Équipe ‎spéciale interorganisations des Nations Unies pour la prévention et ‎la maîtrise des maladies non transmissibles et réunit des ‎partenaires du secteur des technologies, de l'industrie ‎pharmaceutique et des ONG comme PATH et la Coalition pour ‎l'accès aux médicaments et aux produits de lutte contre les MNT. ‎

Nous remercions notre premier partenaire industriel, Johnson & ‎Johnson Consumer Health, qui a fait un don de près de ‎‎40 000 patchs à la nicotine.‎

Nous sommes également heureux de vous présenter Florence, la ‎toute première agente de santé numérique de l'OMS et du monde, ‎basée sur l'intelligence artificielle. ‎

Florence s'attaque aux idées reçues entourant la COVID-19 et le ‎tabac et aide les gens à élaborer un plan personnalisé pour ‎renoncer au tabac. ‎

Florence est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, par vidéo ou ‎messages textuels, pour aider les gens à obtenir des informations ‎fiables.‎

Florence s'appuie sur une technologie conçue par la société Soul ‎Machines basée à San Francisco et en Nouvelle-Zélande, avec le ‎soutien d'Amazon Web Services et de Google Cloud. ‎

L'OMS en est à la dernière étape de l'ajout de partenaires et ‎encourage les entreprises pharmaceutiques et technologiques à ‎s'associer à cette initiative qui aidera les gens à réduire leur risque ‎face à la COVID-19 et à mener une vie plus saine. ‎

Dans un premier temps, nous lancerons cette initiative en Jordanie, ‎avant de l'étendre à l'échelle mondiale au cours des prochains ‎mois. ‎

Pour vous parler de cette initiative, j'aimerais vous présenter Son ‎Altesse Royale la Princesse Dina de Jordanie. ‎

La princesse Dina est une amie de longue date. Elle est la ‎présidente de l'Union internationale contre le cancer et a consacré ‎sa vie à la lutte antitabac à l'échelle mondiale.‎

Princesse Dina, vous avez la parole. ‎

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Merci à la princesse Dina et à Thibaut Mongon. ‎

Merci beaucoup, princesse Dina, et vous aussi Thibaut, du temps ‎que vous avez accepté de nous accorder. ‎

Revenons maintenant à la COVID-19. Aujourd'hui, ce sont ‎‎12 millions de cas qui ont été enregistrés dans le monde. ‎

Ainsi, en six semaines, leur nombre a plus que doublé. ‎

Nous sommes mis à rude épreuve dans tous les domaines. Pour les ‎personnes qui vivent dans la pauvreté et dont l'accès à des services ‎de santé de qualité est limité, voire inexistant, la COVID 19 n'est ‎pas la seule menace qui pèse sur leur vie et leurs moyens de ‎subsistance. ‎

D'autres maladies comme la rougeole, la poliomyélite et le ‎paludisme tirent parti d'une suspension de la vaccination et d'une ‎interruption des chaînes d'approvisionnement de fournitures ‎médicales. ‎
L'OMS continue de travailler avec ses partenaires pour faire en ‎sorte que la priorité aille aux plus pauvres et aux plus marginalisés. ‎

Cela nécessite de redémarrer la vaccination systématique et de ‎garantir que les fournitures médicales parviennent aux agents de ‎santé du monde entier.‎

Il reste encore beaucoup à faire. ‎

Qu'il s'agisse des pays où la croissance est exponentielle ou bien ‎d'endroits qui assouplissent les restrictions et qui commencent ‎maintenant à voir augmenter le nombre de cas. ‎

Nous avons besoin de leadership, de participation communautaire ‎et de solidarité collective. ‎

Venir à bout de cette pandémie ne pourra se faire que par une ‎action volontariste associée à l'unité nationale et à la solidarité ‎mondiale. ‎

Partout dans le monde, de nombreux exemples ont montré que ‎même lorsqu'elle est très intense, l'épidémie peut être maîtrisée.‎

Parmi ces exemples, on peut citer la Corée du Sud, l'Espagne et ‎l'Italie, et même Dharavi - une zone densément peuplée de la ‎mégapole de Mumbai. La clé pour briser les chaînes de ‎transmission et supprimer le virus consiste à se concentrer sur ‎l'engagement communautaire et sur les fondamentaux que sont les ‎tests, la recherche de cas, l'isolement et le traitement de toutes les ‎personnes malades.‎

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Parallèlement au combat que nous continuons de mener contre la ‎pandémie, nous étudions également l'origine du virus. ‎

Deux experts de l'OMS sont en route pour la Chine ‎
afin d'y rencontrer d'autres scientifiques et en apprendre ‎davantage sur les progrès réalisés dans la compréhension du ‎réservoir animal de la COVID-19 et savoir comment la maladie est ‎passée de l'animal à l'homme.‎

Cela contribuera à jeter les bases de la mission internationale que ‎l'OMS dirigera pour étudier l'origine du virus. ‎

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La COVID-19 a, certes, entraîné son lot de difficultés, mais elle a ‎aussi montré la voie à suivre pour d'autres défis qui menacent ‎l'humanité. ‎

Ainsi, la crise de la résistance croissante aux antimicrobiens fait ‎figure de tsunami que l'on observerait au ralenti et la recherche-‎développement de nouveaux antibiotiques peine à rattraper son ‎retard alors même que les infections résistantes gagnent du terrain. ‎

Si nous n'agissons pas rapidement et dans la durée, nous risquons ‎un scénario apocalyptique à l'échelle mondiale dans lequel les ‎blessures et les affections courantes redeviennent les principales ‎causes de mortalité. ‎

Le Fonds d'action pour combattre la résistance aux antimicrobiens ‎vise à s'attaquer à cette question en renforçant et en accélérant la ‎recherche et le développement d'antibiotiques grâce à des ‎investissements qui changent la donne dans des entreprises de ‎biotechnologie du monde entier. ‎

Qu'il s'agisse de la COVID-19 ou de la résistance aux ‎antimicrobiens, notre meilleure arme consiste à travailler ensemble ‎dans une logique d'unité nationale et de solidarité mondiale.‎

Je vous remercie.‎