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FAO - Food and Agriculture Organization of the United Nations

12/07/2017 | Press release | Distributed by Public on 12/07/2017 05:51

Les conflits et la sécheresse contribuent à la faim malgré des réserves alimentaires mondiales abondantes

Chargement de charrettes au Bangladesh.

7 décembre 2017, Rome- Selon le dernier rapport de la FAO surles Perspectives de récolte et la situation alimentaire,l'abondance des récoltes céréalièrescontribue à maintenir en forme les réserves alimentaires mondiales mais la sécheresse, les inondations et les conflits prolongés ont intensifié et fait perdurer l'insécurité alimentaire.

Selon le rapport, quelque 37 pays, dont 29 se trouvant en Afrique, ont besoin d'une aide alimentaire externe.

Les conflits en cours continuent d'être un facteur clé des situations de grave insécurité alimentaire en ayant notamment provoqué des conditions proches de la famine dans le Nord du Nigéria, au Soudan du Sud et au Yémen. Ils ont également entraîné une généralisation des souffrances liées à la faim en Afghanistan, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et en Syrie.

Dans certaines régions, les conditions climatiques défavorables ont également des conséquences néfastes sur la production alimentaire des fermes, avec notamment la sécheresse qui a sévi en Afrique de l'Est et les inondations qui ont touché certaines régions de l'Asie.

Les 37 pays ayant actuellement besoin d'une aide alimentaire externe sont : l'Afghanistan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, La République populaire démocratique de Corée, la République démocratique du Congo, Djibouti, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Guinée, Haïti, l'Irak, le Kenya, le Lesotho, le Libéria, la Libye, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Birmanie, le Niger, le Nigéria, le Pakistan, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, le Swaziland, la Syrie, l'Ouganda, le Yémen et le Zimbabwe.

Le rapport se penche également sur le cas du Bangladesh où sont survenus cette année trois inondations soudaines qui ont gravement endommagé les cultures de riz. La production nationale de riz paddy devrait connaître un important déclin et atteindre son niveau le plus bas en l'espace de cinq ans.

Les conflits entravent les plantations et les récoltes

D'après la FAO, les conflits exacerbent l'insécurité alimentaire en empêchant les activités productives, en entravant l'accès des populations à la nourriture, mais aussi en réduisant sa disponibilité. Ces contraintes sont par ailleurs intensifiées par le nombre important de déplacés internes. En République centrafricaine, leur nombre a augmenté de près de 50 pour cent cette année avec près d'un tiers de la population (soit 1,1 million de personnes) qui a besoin d'une aide alimentaire de manière urgente.

Selon les estimations, près de 7,7 millions de personnes devraient se retrouver confrontées à une situation d'insécurité alimentaire aiguë en République démocratique du Congo, un pays qui accueille plus de 200 000 réfugiés venus des pays voisins, ainsi que plus de 4 millions de déplacés internes. Les agriculteurs vivant dans les régions du Kasaï et de Tanganyika, lourdement affectées par le conflit, ont signalé une baisse des plantations.

Le rapport souligne des répercussions similaires dues au conflit dans le Nord du Nigéria- où 3 millions de personnes ont besoin d'une intervention d'urgence qui devra également être en mesure de protéger leurs moyens d'existence - et au Soudan du Sud, où malgré des récoltes récentes, près de 45 pour cent de la population (ou 4,8 millions de personnes) sont en situation d'insécurité alimentaire et le nombre de celles se retrouvant en situation d'urgence - soit comme étant entrées dans la phase 4 de l'échelle IPC - ont doublé par rapport à l'année dernière.

En Somalie, le risque de faire face à une situation de famine dans plusieurs régions a été évité jusqu'à ce jour principalement grâce à une intervention humanitaire de grande envergure. Les cas de souffrances liées à la faim ont triplé l'année dernière et près de 3,1 millions de personnes sont considérées comme étant en situation de grave insécurité alimentaire.

Au Yémen, 60 pour cent de la population (soit 17 millions de personnes) aurait besoin d'une aide humanitaire d'urgence. Selon le rapport, si la fermeture des ports maritimes du pays, comme cela est arrivé le mois dernier, venait à se répéter, cela augmenterait le risque d'émergence de famine.

Les cas de faim chronique persistent également dans les pays touchés par la guerre tels que l'Afghanistan - où le nombre de personnes fuyant leurs domicile a augmenté cette année et 7,6 millions de personnes font maintenant face à une situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave - l'Irak, où 3,2 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire, et la Syrie, où 6,5 millions de personnes souffrent de la faim.

La sécheresse est le principal problème de l'Afrique de l'Est. Selon les estimations, près de 8,5 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire en Ethiopie, en particulier dans la région Somali. Des saisons pluvieuses défavorables ont contribué à réduire la production alimentaire et animale au Kenya, où près de 2,6 millions de personnes sont confrontées à une situation de grave insécurité alimentaire.

Une grave sécheresse estivale en Mongolie a également réduit de près de moitié les récoltes de blé dans le pays.

Malgré des tendances locales plutôt négatives, la production alimentaire mondiale est en plein essor. De plus, des gains de production sont enregistrés dans plusieurs pays à faible revenu et à déficit vivrier, où la production céréalière globale devrait croître de 2 pour cent cette année.