CFDT - Confédération Française Démocratique du Travail

02/18/2020 | Press release | Distributed by Public on 02/18/2020 12:50

Selon l'OFCE, la politique budgétaire aggrave les inégalités

Il est rappelé que les choix fiscaux de 2018, premier budget d'Emmanuel Macron, reposaient principalement sur la réduction de la fiscalité du capital, avec la réforme de l'impôt sur la fortune, le prélèvement forfaitaire unique et la poursuite de la baisse de la fiscalité des entreprises. La tentative de rééquilibrage à la suite du mouvement des gilets jaunes a conduit à un gain de pouvoir d'achat global de 12 milliards d'euros, politique poursuivie en 2019 : 5 milliards de hausse du pouvoir d'achat, dus aux mesures issues du Grand débat, dont une baisse de l'impôt sur le revenu. Mais les plus modestes n'en ont pas bénéficié, au contraire. « L'effet cumulé des mesures socio-fiscales de 2018 à 2020 reste très fortement marqué par le geste fiscal effectué en direction des ménages les plus aisés en début d'année 2018, indique l'OFCE. Sur les 17 milliards d'euros de gains de pouvoir d'achat pour les ménages depuis 2018, plus de 4 milliards […] l'ont été aux 5 % des ménages les plus aisés. » Et d'enfoncer le clou : les ménages appartenant aux 5 % les plus pauvres devraient voir leur niveau de vie se réduire de 240 euros sous l'effet des mesures socio-fiscales prises de 2018 à 2020, alors que les 5 % les plus riches constateraient un gain de 2 905 euros par an… Outre leur situation sur l'échelle de niveau de vie, le statut d'activité des ménages joue un rôle déterminant. Les actifs occupés sont les « grands gagnants du quinquennat » ; à l'inverse, les chômeurs et les retraités perdent du pouvoir d'achat.

Tenir compte des plus pauvres

La tendance ne s'améliore pas en 2020, souligne l'observatoire, qui a évalué l'impact redistributif des mesures sociales et fiscales contenues dans le budget 2020, en prenant notamment en compte les effets de la baisse des aides au logement et de la réforme de l'assurance-chômage. Soit 45 euros de moins par an pour les 5 % les plus modestes. Côté CFDT, la réaction n'a pas tardé. « Ce rapport rend plus que nécessaire l'application de l'une de nos 66 propositions : évaluer l'impact de toute politique publique sur les 10 % les plus pauvres », réagissait Laurent Berger le 5 février sur Twitter, se référant au Pacte du pouvoir de vivre lancé par la CFDT avec 54 associations partenaires.

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