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09/25/2021 | Press release | Distributed by Public on 09/25/2021 10:28

Assembée générale: suite et fin du débat général

(Le résumé complet du communiqué sera disponible plus tard dans la journée.)

SUITE ET FIN DU DÉBAT GÉNÉRAL

Déclarations

M. NARENDRA MODI, Premier Ministre de l'Inde, a affirmé que son pays progressait vers un développement équitable et intégré. L'Inde, a-t-il expliqué, fait en sorte que le développement inclue tout un chacun et pénètre toutes les sphères de la société. Au cours des sept dernières années, le pays a ainsi permis l'entrée dans le système bancaire à 420 millions de personnes qui ne l'étaient pas. Aujourd'hui, 320 millions de personnes y disposent d'une assurance. En donnant à plus de 500 millions de personnes un accès gratuit aux hôpitaux, l'Inde leur a permis de bénéficier de soins de qualité. L'eau polluée reste toutefois un grave problème. Afin de relever ce défi, l'Inde mène une campagne pour que l'eau potable atteigne 170 millions de foyers. L'accès aux titres de propriétés est également un autre défi que l'Inde est en train de relever pour archiver de façon numérique les propriétés et permettre aux habitants de plus de 620 000 villages de disposer d'un titre prouvant leurs droits à la propriété sur leur terre et, partant, d'avoir accès au prêt bancaire.

Aujourd'hui, une personne sur six dans le monde est indienne, a fait observer M. Modi. Partant, quand des Indiens font des progrès, ce dernier impulse un élan au développement du monde entier. Quand l'Inde croît le monde entier croît et quand l'Inde se réforme, le monde se transforme. Des innovations scientifiques et technologiques intervenant en Inde peuvent avoir un grand effet sur le reste du monde, a poursuivi le Premier Ministre, qui a cité en exemple les plus de 3,5 milliards de transactions effectuées chaque mois en Inde via l'interface de paiement unifiée UPI.

La plateforme d'administration de vaccin « co-WIN » offre un soutien numérique pour enregistrer l'administration de millions de doses de vaccins en un seul jour, a déclaré M. Modi. L'Inde qui croit au principe de la « prestation de service en tant que plus haute religion », consacre tous ses efforts à la fabrication d'un vaccin et à sa production et cela, malgré des ressources limitées. Le Premier Ministre a ainsi informé des progrès de son pays dans la mise au point de plusieurs vaccins, y compris un vaccin à ADN utilisable pour toute personne de plus de 12 ans et un autre à ARN messager. Des scientifiques indiens travaillent en outre actuellement à la mise au point d'un vaccin à inoculation nasale. C'est bien consciente de sa responsabilité vis-à-vis de l'humanité que l'Inde a repris le processus visant à fournir des vaccins à ceux qui ont en besoin dans le monde, s'est enorgueilli M. Modi, avant d'inviter les fabricants de vaccins dans le monde entier à venir les produire sur son territoire.

Dans ce monde en constante transformation, il est important de garantir des technologies assorties de valeurs démocratiques, a encore affirmé le Premier Ministre indien. Peu importe le pays où des docteurs, innovateurs, ingénieurs d'origine indienne vivent, nos valeurs démocratiques les inspirent pour continuer à servir l'humanité et c'est l'esprit que nous avons vu au cours de la pandémie, a-t-il ajouté. Pour M. Modi, cette crise nous a aussi donné une autre leçon importante, à savoir que l'économie mondiale doit être plus diversifiée. Pour ce faire, l'expansion des chaînes de valeur mondiale est nécessaire. De fait, a-t-il confié, « notre mouvement indien d'autosuffisance est inspiré de cet esprit ». L'Inde est devenue un partenaire démocratique et fiable pour la diversification industrielle dans le monde, at affirmé M. Modi. Dans ce mouvement, le pays a trouvé un meilleur équilibre entre l'économie et l'écologie. En effet, sur le plan des changements climatiques, l'Inde va de l'avant pour atteindre sa cible de production de 450 gigawatts d'énergie renouvelable. L'Inde œuvre également à devenir le centre le plus important d'hydrogène vert.

Aujourd'hui le monde subit la menace croissante d'une pensée rétrograde et de l'extrémisme, a déclaré M. Modi. Dans une telle situation, l'ensemble du monde doit avoir comme base de développement une réflexion rationnelle et scientifique. C'est pourquoi l'Inde pays promeut l'apprentissage fondé sur l'expérience. À l'occasion du soixante-quinzième anniversaire de son indépendance, l'Inde prévoit ainsi de lancer dans l'espace 75 satellites construits par des collégiens et étudiants. En revanche, a-t-il opposé, des États inspirés par des pensées rétrogrades ont recours au terrorisme comme outils politiques. Ces pays-là doivent comprendre que le terrorisme est une menace tout aussi grande pour eux, a averti le Premier Ministre indien, qui a jugé absolument essentiel de veiller à ce que le territoire afghan ne soit pas utilisé pour propager le terrorisme et lancer des attentats. « Nous avons également besoin d'être sur nos gardes et veiller à ce que aucun pays n'essaie de tirer profit de la situation délicate qui prévaut et d'utiliser cela pour ses étroits intérêts propres », a-t-il averti en conclusion.

M. PHILIP JOSEPH PIERRE, Premier Ministre de Sainte-Lucie, a dit ne pas vouloir remettre en question le modus operandi des Nations Unies, car les preuves confirmant le bon travail de cette honorable institution sont indéniables. Mais il s'est dit préoccupé par le fait que les petits États insulaires en développement (PEID) comme Sainte-Lucie continuent de souffrir d'un certain nombre de défis, résultant de leur petite taille, de leur insularité et de leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux changements climatiques. Et alors même que nous nous efforçons de formuler des solutions à ces maux, nous avons été confrontés à la pandémie de COVID-19, dont la nouveauté et le caractère évolutif sont déconcertants, et qui a étendu et aggravé les problèmes auxquels sont confrontés les PEID, a ajouté M. Pierre.

Le Premier Ministre a exprimé sa profonde gratitude aux institutions internationales telles que le Mécanisme COVAX, et aux nombreux partenaires bilatéraux tels que l'Inde et les États-Unis d'Amérique, pour leur engagement à veiller à ce que « nous, à Sainte-Lucie et, par extension, dans la région des Caraïbes », ne soyons pas davantage désavantagés par notre incapacité à accéder aux vaccins. M. Pierre a dénoncé un « apartheid vaccinal », rappelant que certains pays qui ont stocké des vaccins étaient maintenant en plein débat sur les troisièmes doses et les rappels, tandis que d'autres pays continuent d'assister, impuissants, à l'augmentation continue des décès liés à la maladie, faute de vaccin. Il a donc appelé à la normalisation des privilèges vaccinaux dans la communauté mondiale, en ce qui concerne la quarantaine, l'isolement et d'autres exigences connexes.

Sainte-Lucie, comme de nombreux autres pays, est confrontée à un déclin des investissements, du commerce, des envois de fonds et à une augmentation du fardeau de la dette, a ensuite déclaré le Premier Ministre. M. Pierre a jugé urgent d'accélérer l'élan mondial vers les objectifs ambitieux affichés dans les divers accords internationaux et programmes de développement. Un fil conducteur de ces instruments doit, selon lui, aborder les vulnérabilités uniques et les circonstances particulières des PEID. Sainte-Lucie et tous les PEID continuent à faire face à des besoins urgents pour financer les réponses immédiates en matière de santé, qui sont « bien au-delà de nos capacités », a-t-il expliqué. C'est pourquoi Sainte-Lucie est solidaire de tous les PEID et appelle à l'abolition des critères économiques classiques actuels pour l'accès au financement concessionnel du développement. Ces indicateurs, a plaidé M. Pierre, brossent un tableau de la « prospérité nationale » qui contraste fortement avec les réalités existantes.

C'est dans cet esprit que Sainte-Lucie propose l'adoption d'un indice de vulnérabilité global par les institutions internationales. Pour M. Pierre, cet indice devrait inclure des variables telles que la vulnérabilité aux systèmes météorologiques défavorables et aux catastrophes naturelles, les désavantages historiques dus à la domination, au colonialisme et à l'exploitation, et les aléas des activités économiques dont ces États ont besoin pour survivre. Un tel indice mondial garantirait que l'accès au financement concessionnel du développement serait accordé sur la base de critères qui tiennent compte des contextes réels de nos économies fragiles, qui sont constamment menacées de régression en raison de catastrophes naturelles, anthropiques ou politiques, a argué le Premier Ministre.

Alors qu'il reste moins d'une décennie pour réaliser le Programme de développement durable à l'horizon 2030, la Décennie des Nations Unies pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable exige des solutions urgentes et adéquates pour sauver notre planète, a poursuivi le Premier Ministre. Les besoins en matière de résilience et les adaptations nécessaires à l'échelle du système pour répondre à la pandémie de COVID-19 sont directement liés à la résilience et à l'adaptation requises pour les changements climatiques, a-t-il ajouté.

Malheureusement, le coût pour relever ces défis et entreprendre des activités de résilience, que ce soit pour la santé ou le climat, est bien au-delà de la portée financière de nos petites îles, a encore insisté le Premier Ministre. Il a donc lancé un appel à tous, et en particulier à ceux qui sont les plus aptes financièrement, pour qu'ils contribuent aux efforts de redressement des PEID et qu'ils s'acquittent de leurs engagements envers les fonds d'adaptation et d'atténuation.

M. XAVIER ESPOT ZAMORA, Chef du Gouvernement de la Principauté d'Andorre, s'est, dans une intervention préenregistrée, félicité que cette soixante-seizième session de l'Assemblée générale soit placée sous le signe de l'espoir. En effet, malgré la crise mondiale engendrée par la pandémie de COVID-19, « tout n'est pas perdu », a-t-il soutenu, notant que l'espoir de freiner le virus reposait sur les vaccins. Mais il n'est pas acceptable que les taux de vaccination diffèrent autant entre les pays développés et les pays en développement, a fait observer le dirigeant, pour qui il est encore temps d'éviter un « échec moral désastreux » en soutenant des systèmes tels que le Mécanisme COVAX, grâce auquel Andorre a pu administrer la dose complète de vaccin à près de 75% de sa population de plus de 16 ans.

Alors que la pandémie a eu de lourdes conséquences sur l'économie andorrane, le pays étant extrêmement dépendant du tourisme, M. Espot Zamora a expliqué que son gouvernement compte aujourd'hui sur la relance pour créer de nouveaux emplois et réorienter les dépenses publiques vers les secteurs ayant qui offrent une meilleure diversification. Cette crise nous a aussi appris que « le présent et le futur exigent moins d'individualisme, d'égoïsme et de confrontation et plus de coopération, de résilience, d'empathie et de solidarité », a confié le Chef du Gouvernement andorran en réaffirmant son attachement aux objectifs du Programme de développement durable à l'horizon 2030.

À ses yeux, l'espoir est également permis en ce qui concerne l'urgence climatique. « Il est trop tard pour rectifier nos erreurs en matière d'environnement, mais il n'est pas trop tard pour cesser d'en commettre davantage », a-t-il estimé, avant d'avertir que la COP26 de novembre à Glasgow serait « la dernière occasion pour les économies les plus puissantes de faire de leurs engagements une réalité ». En matière d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques, Andorre a accepté les engagements de l'Accord de Paris et mise sur la production d'énergies renouvelables et la fiscalité carbone pour réduire ses émissions et atteindre la neutralité carbone en 2050, a précisé M. Espot Zamora. La principauté a également lancé une stratégie nationale en faveur de la biodiversité, avec pour ambition de devenir « le premier pays considéré comme réserve de biosphère ».

Dans ce contexte, le Chef du Gouvernement andorran a salué la tenue, au cours de cette Assemblée générale, du Sommet sur les systèmes alimentaires. Selon lui, la réconciliation avec la nature est possible « si nous adoptons une approche qui associe alimentation saine, savoirs traditionnels et science ». Il a indiqué à cet égard que son pays avait pris part à l'appel mondial visant à faire de l'objectif 2 de développement durable -l'élimination de la faim- « une réalité imminente », convaincu que l'augmentation concomitante de la faim et de l'obésité infantile dans le monde démontrait la nécessité urgente de réformer les systèmes de production et de consommation alimentaire.

Au moment où le monde est confronté à un « exercice de reconstruction » dans des domaines comme la santé, l'économie, l'environnement et l'immigration, la question reste de savoir s'il est souhaitable de revenir à la « normalité perdue », a observé M. Espot Zamora, estimant que la réponse réside dans les opportunités qu'offre le multilatéralisme pour aller de l'avant, diagnostiquer les déséquilibres et les injustices, et trouver des solutions. L'avenir des jeunes générations dépend en grande partie des conséquences de nos actions ou de nos inactions, a-t-il dit en conclusion. « Nous ne pouvons pas les décevoir une fois de plus. »

Pour M. CLEOPAS SIPHO DLAMINI, Premier Ministre d'Eswatini, il ne fait aucun doute que la panacée pour se remettre de la pandémie de COVID-19 repose sur la vaccination des populations. C'est pourquoi son pays a soutenu l'appel en faveur d'une dérogation temporaire à l'Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) pour les technologies liées à la prévention, au confinement ou au traitement de la COVID-19. M. Dlamini a ensuite réaffirmé la détermination de son gouvernement à élaborer des réponses efficaces aux changements climatiques, tout en accélérant la mise en œuvre des objectifs de développement durable et d'éradication de la pauvreté.

Sur le plan économique, le Premier Ministre a salué la décision du Fonds monétaire international (FMI) d'approuver des droits de tirage spéciaux (DTS) pour stimuler l'économie mondiale, dont un montant de plus de 75 millions de dollars au profit d'Eswatini. Cela ne pouvait arriver à un meilleur moment, a-t-il indiqué, ajoutant que, le 6 septembre dernier, le Roi Mswati III avait lancé le Fonds de reconstruction, destiné à reconstruire les infrastructures et l'économie en réponse aux mouvements sociaux provoqués par les difficultés économiques, y compris le fardeau supplémentaire résultant de la pandémie de COVID-19. Ces fonds aideront le Gouvernement à atteindre son objectif budgétaire, a-t-il affirmé. Quant à la lutte contre le VIH/sida, Eswatini a continué à employer tous les moyens possibles pour arrêter la propagation du virus, même pendant cette période critique de l'histoire, et a réalisé l'objectif « 95-95-95 » fixé par l'ONUSIDA pour 2025.

Alors que les réformes du système de développement des Nations Unies évoluent, le Premier Ministre a réitéré son appel à ce que la voix de l'Afrique soit entendue au Conseil de sécurité. Puis il a décrit avec enthousiasme le fonctionnement du système de gouvernance Tinkhundla, qui repose sur la tradition et la culture dans lesquelles les membres des communautés désignent les candidats dans leurs chefferies pour concourir au niveau de la circonscription locale.

M. Dlamini a dénoncé l'exclusion de la République de Chine (Taiwan) des Nations Unies et la discrimination de ses ressortissants dans un système destiné à servir les citoyens du monde. C'est une violation flagrante des principes de la Charte des Nations Unies, a-t-il accusé, avant de rappeler que, depuis le début de la pandémie de COVID-19, Taiwan, en solidarité avec les États Membres, avait apporté une contribution significative à la réalisation du thème de la session de cette année. Il a terminé en appelant à la participation de Taiwan, en particulier à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), à l'Autorité de l'aviation civile internationale et à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Avec une telle inclusion, l'ONU pourrait être davantage à la hauteur de ses objectifs et servirait également les intérêts de tous ses États Membres, a estimé le Premier Ministre.

M. RALPH E. GONSALVES, Premier Ministre des finances, du service public, de la sécurité nationale, des affaires juridiques et des affaires des Grenadines, Saint-Vincent-et-les Grenadines, a souligné qu'en ces moments graves de défis sanitaires, socio-économiques, politiques, climatiques et sécuritaires, à l'échelle mondiale, un « nouveau paradigme a émergé ». A ses yeux, « un leadership transformationnel est plus que jamais nécessaire. ».

En tant que petit État insulaire en développement (PEID), Saint-Vincent-et-les Grenadines s'efforce de mener un programme reposant sur la résilience de sa population pour atteindre les objectifs de développement durable, a fait valoir son Premier Ministre. Il a rappelé notamment les éruptions volcaniques dévastatrices d'avril 2021 et la saison des ouragans dans l'Atlantique auxquelles l'île a fait face.

En effet, a poursuivi M. Gonsalves, les défis urgents de notre temps ne peuvent être résolus en incitant au « désordre perpétuel, à l'insécurité et à la guerre ». Il a dénoncé le « nationalisme vaccinal », « la politisation du déploiement des vaccins, pour les riches d'abord et les pauvres par la suite », faits qu'il a jugés « inacceptables ». Il faut, selon le Premier Ministre, « se rappeler que la forme la plus noble de solidarité est de donner le peu de ce que nous disposons et non pas, ce que l'on possède en abondance et en surplus ». À cet égard, il a remercié le Gouvernement de l'Inde pour son don rapide de vaccins Astra Zeneca/Covishield, en regrettant qu'« un pays de l'Atlantique Nord ait refusé de reconnaître le Covishield pour l'entrée de personnes sur son territoire ».

Sur le plan international, « de nombreuses querelles politiques anciennes et de longue date devraient prendre fin », a commenté le Premier Ministre. En tête de liste, M. Gonsalves a dénoncé le refus d'Israël et de ses soutiens internationaux d'accepter l'exigence d'un État palestinien indépendant, l'embargo économique « illégal et inhumain » contre Cuba par les États-Unis, ainsi que les sanctions économiques et financières « injustes, sévères et unilatérales » à l'encontre du Venezuela et du Nicaragua. Il a ajouté que les Nations Unies devaient « cesser d'exclure Taiwan d'une participation significative », notamment dans les organisations internationales telles que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Une catastrophe écologique imminente est à craindre pour l'humanité si nous ne changeons pas de cap », en particulier pour les petits États insulaires en développement (PEID) et les pays d'Afrique, a poursuivi M. Gonsalves. Saint-Vincent-et-les Grenadines, qui prendra part à la Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques (COP26), « craint le pire », a-t-il souligné: « Nous ne vivrons peut-être pas pour trouver la réponse si l'on continue à faire comme d'habitude. »

Le Premier Ministre a ensuite cité par les autres « préoccupations urgentes » de la région caraïbe « la restructuration de la dette et une réforme de l'architecture financière mondiale ». Pour Saint-Vincent-et-les Grenadines, le remplacement de certains critères « erronés » pour déterminer l'accès au financement pour le développement, tels que le PIB par habitant, qui devrait céder la place à un indice de vulnérabilité, est nécessaire pour que les « petites îles » puisse atteindre les objectifs de développement durable. M. Gonsalves a également plaidé pour une politique de réparation de la part des nations européennes à l'égard du « génocide des autochtones et de l'esclavage des Africains » dont ces nations ont systématiquement profité et dont, par conséquent, « les pays des Caraïbes ont souffert d'un héritage de sous-développement »; mais également la nécessité urgente d'aider Haïti, membre de la CARICOM, qui est dans une situation périlleuse.

Enfin, le Premier Ministre a abordé la question de la réforme du Conseil de sécurité, en exigeant notamment « qu'un nouvel élan lui soit donné ». « Le Conseil de sécurité est sous l'emprise des cinq membres permanents », a-t-il souligné, invitant à l'élargissant du nombre des membres permanents. Saint-Vincent-et-les Grenadines achève un mandat de deux ans comme membre élu du Conseil de sécurité, a-t-il rappelé, et il a souhaité que l'impulsion donnée par son pays poursuivra, « en particulier en cette Décennie des Nations Unies pour les peuples d'ascendance africaine ».

M. ARIEL HENRY, Premier Ministre d'Haïti, a ouvert son intervention en remerciant à nouveau l'Assemblée générale pour l'hommage rendu, le 14 juillet dernier, à feu le Président Jovenel Moïse, assassiné une semaine plus tôt. Il a réaffirmé sa détermination à tout mettre en œuvre pour trouver les auteurs, les complices et les commanditaires de ce « crime odieux », ajoutant qu'Haïti avait pour cela sollicité une entraide judiciaire.

M. Henry a ensuite salué le thème d'espoir retenu pour cette soixante-seizième session, avant d'affirmer que « seule la solidarité et la coopération entre les peuples » permettra de venir à bout de la pandémie de COVID-19, qui met tous les pays, dont le sien, à rude épreuve. Dans le même esprit, le Chef du Gouvernement haïtien a souhaité qu'une solution durable soit apportée au « problème migratoire », invitant la communauté internationale à améliorer de manière urgente « les conditions d'existence dans les pays pourvoyeurs de réfugiés politiques ou économiques ». Ces derniers jours, a-t-il relevé, « les images du traitement réservé à plusieurs de mes compatriotes à la frontière entre le Mexique et les États-Unis ont choqué plus d'un ». Sans contester le droit qu'a tout État souverain de contrôler l'entrée d'étrangers sur son territoire ou de renvoyer dans leur pays d'origine ceux qui y pénètrent illégalement, il a souhaité rappeler que nombre de pays « aujourd'hui prospères » ont été construits par des « vagues successives de migrants et de réfugiés ». Les migrations continueront tant qu'il y aura sur notre planète des zones de prospérité, « tandis que la majeure partie de la population mondiale vit dans la précarité, parfois extrême, sans perspective d'une vie meilleure », a averti M. Henry.

Le Premier Ministre a également évoqué son action à la tête du Gouvernement, où il a accédé peu avant l'assassinat du Président Moïse. Il a indiqué que sa priorité est de permettre au pays de retrouver un fonctionnement normal « alors que la quasi-totalité des institutions démocratiques n'existent plus ou sont totalement dysfonctionnelles ». Se disant conscient que seul un dialogue avec les partis politiques et les acteurs organisés de la société civile peut conduire à un « consensus suffisant en vue d'assurer la stabilité sociopolitique », il a fait état de rencontres et de discussions avec tous les secteurs de la vie nationale, en vue de l'organisation d'élections générales crédibles, transparentes et inclusives « dans les meilleurs délais ». Pour M. Henry, le nouvel « accord politique pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire » constitue une « étape importante » dans le processus de rétablissement de l'état de droit et des institutions démocratiques. Il s'est toutefois déclaré prêt à poursuivre les discussions afin d'étendre le consensus et obtenir l'adhésion d'autres compatriotes à ce projet commun.

À la crise politique qui frappe Haïti s'ajoutent les conséquences de catastrophes naturelles à répétition, a poursuivi M. Henry, rappelant qu'après le séisme de 2010 et l'ouragan Mathew de 2016, un puissant tremblement de terre avait, le 14 août dernier, ravagé toute la presqu'île du sud du pays. Cette catastrophe a fait au moins 2 207 morts, 344 personnes disparues et plus de 12 268 blessés, tandis que des milliers de maisons ont été détruites ou endommagées, ainsi que des hôpitaux, des écoles, des églises, des ponts et des routes, a précisé le Premier Ministre, qui a salué « l'élan spontané de solidarité » de la communauté internationale. Au-delà des besoins humanitaires immédiats, il a appelé cette dernière à continuer d'accompagner Haïti dans le processus de reconstruction. « Il nous faut reconstruire en mieux et de façon plus résiliente pour mieux résister aux aléas climatiques », a plaidé le Premier Ministre, pour qui il importe aussi de permettre une reprise de l'économie et d'attirer des investissements tant nationaux qu'étrangers. « Notre population est jeune, elle a besoin d'emplois décents et de meilleures perspectives, a encore souligné M. Henry, qui a conclu sur la nécessité d'un multilatéralisme « fort et toujours renouvelé ».

A suivre...