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IOC - International Olympic Commitee

10/19/2019 | Press release | Distributed by Public on 10/19/2019 03:51

Il y a 55 ans, Tokyo était déjà le théâtre d'importantes avancées technologiques aux Jeux !

Tokyo 1964

Diffusion télévisée mondiale par satellite, avancée décisive du saut à la perche avec du matériel en fibre de verre et de la natation avec les plaques de chronométrage installées sur les murs d'arrivée… Mais aussi dernières courses aux Jeux en athlétisme sur piste cendrée : les Jeux de Tokyo ont marqué un bond vers le futur… avant le prochain, en 2020 !


Les satellites artificiels au service de la diffusion des Jeux

En 1957, l'URSS effectue une première spatiale en envoyant un satellite artificiel en orbite autour de la terre, le fameux 'Spoutnik'. Très vite, les possibilités d'utiliser les satellites pour les communications sont étudiées. Le premier satellite géostationnaire destiné à cette application est américain, Syncom II, lancé en juillet 1963. Et les organisateurs des Jeux de Tokyo 1964 ne manquent pas d'idées pour faire de ceux-ci 'les Jeux de la technologie'. En voyant ce satellite destiné à assurer les communications téléphoniques à travers le monde, ils entrent en contact avec les autorités américaines à Washington et leur demandent si cet artefact en orbite pourrait être adapté pour relayer des signaux télévisés, afin que pour la première fois, des Jeux puissent être diffusés simultanément sur plus d'un continent.

'Ils reçurent une réponse positive enthousiaste', raconte en 2000 John Slater, professeur à l'Université de Western Carolina, pour la Société nord-américaine de l'histoire du sport. 'Avec le plein soutien des deux gouvernements, d'autres entreprises rejoignirent le projet. La compagnie de télédiffusion japonaise construisit un site de transmission au nord de Tokyo, et la marine américaine (US Navy) modifia ses installations de communication à Point Mugu, Californie, pour recevoir les signaux. La NASA relocalisa Syncom II de l'Atlantique vers le Pacifique pour tester le concept, puis lança et positionna un autre satellite, Syncom III, en août 1964 pour assurer la diffusion. Le département d'État américain coordonna de son côté l'utilisation des fréquences radio nécessaires. Le système fonctionna parfaitement.' Ainsi, des États-Unis et du Canada à l'Europe, en passant par l'Asie, les fans olympiques purent pour la première fois assister à des épreuves en direct devant leur poste de télévision. Ce qui semble naturel au XXIe siècle, à l'ère de la communication, fut une grande première il y a 55 ans !


Un bond décisif pour le saut à la perche

Sauter à la perche est une pratique immémoriale. On retrouve des traces d'utilisation de perches en bois rigides pour traverser des ruisseaux ou différents obstacles dès l'Antiquité. L'activité devient un sport de compétition dans la deuxième partie du XIXe siècle en Europe et aux États-Unis, avec des perches en bois ou en bambou dans un premier temps (on se réceptionne alors à pieds joints). Pierre de Coubertin intègre la discipline au programme olympique dès les premiers Jeux de l'ère moderne à Athènes en 1896, et celle-ci évolue. Le butoir apparaît, les tapis de réception également. Puis, dans les années 1940, les perches deviennent métalliques.

C'est ainsi que l'Américain Don Bragg l'emporte aux Jeux de Rome en 1960 avec un bond à 4,70 m. Mais juste après, grâce aux technologies spatiales développées par la NASA, apparaissent les perches en fibre de verre. Elles sont beaucoup plus flexibles et restituent plus d'énergie cinétique que les matériaux utilisés jusque-là. Ainsi, si la perche métallique de Don Bragg s'inclinait à 45°, on tente maintenant de passer à 90° pour se propulser en l'air quand elle se détend !

Et voici Fred Hansen, compatriote de Bragg, né en 1940 à Cueno au Texas. L'année des Jeux de Tokyo, avec cette nouvelle perche, il remporte les sélections américaines avec un saut à 5,18 m. En juillet, à Los Angeles, il établit un record du monde à 5,28 m. Le 17 octobre 1964, dans le stade olympique de Tokyo, Fred Hansen est le premier champion olympique à s'imposer avec ce matériel en passant tous ses essais jusqu'à 5,00 m, avant d'effacer 5,10 m au 3e essai pour la médaille d'or.

Les Jeux dans la capitale japonaise marquent donc une importante avancée technologique pour une discipline dont le record olympique est aujourd'hui de 6,03 m (établi par le Brésilien Thiago Braz Da Silva à Rio en 2016) et le record du monde de 6,16 m (établi par le Français Renaud Lavillenie à Donetsk en février 2014).

En natation, naissance des plaques de chronométrage

Pour ce qui est de la natation, après ce qui a été considéré comme une erreur de jugement lors des Jeux de Rome en 1960 - l'Australien John Devitt déclaré vainqueur du 100 m devant l'Américain Lance Larson avec un chrono identique au dixième de seconde près (55.2), Omega, le chronométreur officiel des Jeux, se met à chercher des solutions pour que les chronométreurs officiant à la main n'aient plus d'influence sur les résultats des courses

Et donc, pour la première fois aux Jeux à Tokyo en 1964, la piscine olympique est modifiée pour permettre l'installation d'imposants capteurs d'impulsion sur le mur d'arrivée. Une grande première olympique, mais qui reste à perfectionner. Le principe, testé ici en grandeur nature, n'est homologué qu'à partir de 1967. La plaque de touche est présentée lors des Jeux panaméricains de Winnipeg et s'impose alors définitivement. Comme pour le saut à la perche, les Jeux de la XVIIIe Olympiade ont marqué une importante évolution technologique pour les compétitions de natation.

La piste cendrée… pour la dernière fois

Enfin, à rebours de toutes ces avancées technologiques, mais prenant date pour l'avenir, les courses d'athlétisme des Jeux Tokyo 1964 sont les dernières à se disputer sur piste cendrée. De quoi s'agit-il ? Imaginez la terre battue toujours utilisée sur les courts de tennis du tournoi de Roland Garros : il s'agit du même type de revêtement à base de brique pilée. Les couloirs sont tout d'abord délimités par des cordes, puis dans le stade olympique de Tokyo, par des bandes de vinyle.

Dans son ouvrage '1964, la plus grande année de l'histoire du Japon', l'historien olympique Roy Tomizawa cite Ollan Cassell, membre du quatuor américain vainqueur du relais 4x400 m avec un record du monde en 3 min 0 sec. 7. 'Les pistes en cendrée étaient toujours inégales et nécessitaient de longues pointes, qui plongeaient dans le revêtement et projetaient de la poussière dans les chaussures. Il était plus difficile de glisser et de courir comme sur un nuage.' Le bruit des foulées sur piste cendrée est aussi très différent de celui que l'on connaît de nos jours. Le record du monde de Bob Hayes sur 100 m en 10 sec. 0 établi en finale sur la 'cendrée' de Tokyo est donc le dernier réalisé sur ce revêtement.

Par la suite, les pistes d'athlétisme en synthétique se généralisent et leurs propriétés sont bien différentes. 'Ces pistes artificielles pour tous temps ont contraint les fabricants à réaliser des chaussures spéciales avec des pointes plus courtes, souvent appelées 'pointes en brosse' afin d'endommager la piste le moins possible. On pouvait dès lors avoir un meilleur rythme de foulées tout en rebondissant plus sur chacune d'elles', raconte encore Ollan Cassell. À Mexico en 1968, la piste est en tartan, le chronométrage est électronique, et l'Américain Jim Hines s'impose en 9 sec. 95, un record du monde qui tiendra durant 15 ans.

En route pour de nouveaux 'Jeux de la technologie' !

Tokyo accueille de nouveaux les Jeux en 2020, et comme il y a de cela 56 ans, le comité d'organisation va tirer au maximum parti des avancées du XXIe siècle pour en faire de nouveaux 'Jeux de la technologie' : énergie renouvelable à 100 % (solaire et éolienne pour alimenter le village et les sites de compétition), récupération de faibles quantités d'or, d'argent et de bronze utilisés pour les téléphones mobiles afin de fabriquer 5 000 médailles, recyclage à 99 % des matériaux utilisés durant les Jeux, taxis autonomes et utilisation des téléphones pour déverrouiller les portes et payer la course, présence massive de robots traducteurs et porteurs de charges, etc.

Bref, 1964 - 2020, deux étapes importantes dans l'histoire et l'évolution du Japon!