Ministry of labor, employment, vocational training and social dialogue of the French Republic

06/18/2019 | Press release | Distributed by Public on 06/18/2019 05:04

Diagnostic : rappel des chiffres-clés

Un marché du travail où la précarité progresse.

87% des embauches en CDD et intérim ;
• Les embauches en contrats de moins d'un mois ont été multipliées par 2,5 en 20 ans et représentent aujourd'hui 70% du total des embauches ;
30% des embauches en CDD se font sur des contrats d'un jour ou moins ;
• Parmi les contrats de moins d'un mois, 85% correspondent à des réembauches chez le même employeur ;
• Les CDD et l'intérim représentent un déficit de près de 9Mds € pour l'assurance chômage.

Une responsabilisation insuffisante des employeurs sur le coût de la flexibilité.

• Dans un même secteur d'activité, des entreprises de même taille, ayant le même business model et étant confrontées au même cycle économique, ont des pratiques très différentes dans leur recours aux contrats courts.
• Le taux de séparation (rapport entre les effectifs et le nombre d'inscription à Pôle emploi) peut varier de 1 à 40 dans le même secteur.

Un mode de calcul de l'allocation qui incite à fractionner les contrats.

• Avec les règles actuelles, une personne peut gagner de 100 % à plus de 200 % de son salaire moyen quand elle est au chômage.
• Par exemple : une personne qui a travaillé pendant un an en moyenne 15 jours par mois à 1,5 SMIC aura gagné chaque mois en net 880 € environ… mais touchera pendant six mois une allocation nette de 1 200 € : en entrant au chômage, cette personne va gagner plus que lorsqu'elle travaillait.

Des règles actuelles du rechargement des droits qui favorisent le travail précaire.

• Le travail précaire est l'alternance ou le cumul prolongés entre les contrats courts et le chômage.
• Les règles de rechargement et d'activité réduite ont récemment accru ce phénomène : il est désormais possible de rester indéfiniment au chômage
indemnisé en travaillant un jour sur deux et le nombre de personnes cumulant emploi et chômage depuis deux ans a doublé
, ce qui accroît l'enfermement dans la précarité.

Un accès à l'assurance chômage en travaillant 1 jour sur 7.

• Aujourd'hui, pour accéder à l'assurance chômage, il faut avoir travaillé 4 mois sur les 28 derniers mois, soit un jour sur sept, contre un jour sur deux à un jour sur quatre dans les autres pays d'Europe.
• Introduit en 2009 au moment de l'explosion du chômage lié à la crise, cette règle n'est plus adapté à un marché du travail où le chômage recule.

Une durée du chômage qui s'allonge avec le montant de l'allocation.

• Alors que pour les personnes qualifiées ayant les revenus les plus élevés, il n'y a pas de chômage en France, 3,8 % de chômage des cadres, ces personnes restent plus longtemps au chômage en moyenne que les autres.
• Les personnes ayant une allocation comprise entre 1 000 et 2 000 € par mois restent en moyenne 340 jours au chômage, alors que celles ayant une allocation mensuelle supérieure à 5 000 € restent en moyenne 575 jours au chômage.